La chapelle de la Cordelle

La croix de la Cordelle

Tapi au nord-ouest de la colline entre Ste Marie-Madeleine et St Jacques d’Asquins, il est un petit   bâtiment austère dont le rayonnement spirituel – bien indépendant de ses dimensions ou de son emprise architecturale -, renforce depuis neuf siècle celui de notre splendide basilique. On y accède à partir de la Porte Neuve, en prenant la route d’Asquins, puis, sur la droite une route fort étroite qui conduit à un carrefour de chemins de terre apparaît la fameuse croix de la Cordelle sur son rognon de roche dominant ce versant de la colline, liée pour toujours à la prédication de Bernard de Clairvaux.

On sait en effet qu’en ce lieu convergèrent en 1147 chevaliers et monarques venus de toute l’Europe pour écouter la voix de l’abbé de Citeaux à qui son prestige valait pour les contemporains rang de « pape véritable » leur prêcher la IIè croisade. Un an plus tard, on y construit une chapelle consacrée en 1152 puis un prieuré bénédictin.

Cette chapelle Sainte Croix, dite de la Cordelle en référence à la ceinture cordelière des Franciscains est intimement liée à la présence de l’ordre de St François dans notre pays. Celui-ci tenait en effet « le royaume de France en grande estime », ainsi que sa langue qu’il maîtrisait assez bien. Ne pouvant quitter l’Italie où le retiennent les tâches de développement de son ordre, c’est son « bras droit » le frère Pacifique qu’il enverra à Vézelay. Celui-ci y arrive en 1217 et remarque le petit ermitage abandonné par les moines, dont l’abbé de Vézelay accorde la jouissance à ses frères : ici sera la première implantation de ces « frères mineurs» en France avec la reconstruction du petit couvent en 1233, Pacifique devenant le premier Provincial franciscain de notre pays.

Le site, et notamment l’église, subiront aux siècles suivants, les ravages des guerres, notamment de la guerre de Cent ans en 1360. Reconstruit une première fois par le père Jean Lorin et consacré le 9 octobre 1491, il subit ensuite des destructions liées aux guerres de religions – souvenons-nous que Vézelay fut une place forte de la Réforme protestante – la chapelle étant ensuite utilisée comme grange à partir de la révolution et l’église servant de carrière de pierres: du moins l’achat de la chapelle par la famille de Chastellux en 1840 met elle un coup d’arrêt au processus de démolition.

Et c’est en 1949 que les « frère mineurs » – autrement dit les Franciscains – reviennent à la Cordelle, étant par ailleurs chargés de la custodie (conservation matérielle) de la basilique Ste Marie Madeleine durant 40 ans, soit de 1953 à 1993 avant de céder le témoin aux Fraternités monastiques de Jérusalem : les plus anciens des habitants de la colline n’ont pas oublié la haute figure du père Pascal Seynheve, qui assuma les charges de curé de la paroisse et de responsable de la fraternité franciscaine jusqu’en 1981.

La Cordelle – Intérieur de la chapelle

La chapelle est de style roman, avec des voûtes surélevées de style gothique. Un curieux chapiteau y figure l’Ancien Testament représenté par un hibou – aveuglé par la Lumière du Christ – dont le crâne est picoré par un aigle, figure de St Jean.

Aujourd’hui, 3 frères habitent cet ermitage. Si la basilique Ste Marie-Madeleine est un des points de départ connu du voyage de Compostelle, ils accueillent dans ce lieu de paix à la simplicité toute franciscaine les pèlerins notamment qui prennent la route vers Assise, dont les chemins sont marqués du « tau » et de la colombe.