Des routes gauloises à la Via Agrippa

Dès qu’il y eut des champs à défricher, il y eut des chemins empierrés : si les

Á Autun : le “cardo” de la Via Agrippa, au dallage caractéristique.

légions – et face à elles les armées gauloises purent accomplir tant de déplacements, souvent rapides, c’est que la Gaule comportait déjà des routes suffisamment viables qui traversaient les fleuves à gué ou sur des ponts. Chez ces peuples rivaux, elles ne formaient toutefois pas un réseau cohérent. Le schéma routier impérial que va tracer Marcus Vispianus Agrippa, gendre d’Auguste, grand stratège et sorte de vice-empereur, sera centralisé en étoile à partir de Lyon (Lugdunum), afin de relier la capitale des Gaules à l’Italie, à l’Atlantique, à la frontière du Rhin et à Boulogne-sur-Mer, port d’embarquement pour la (grande) Bretagne.

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Vingt siècles de vin à Vézelay

Sous l’église Saint-Étienne, en bas de la rue du même nom, on a trouvé les vestiges d’un temple romain : au vu des objets trahissant un ancien marché, on attendrait Mercure, dieu des carrefours, du commerce et de voleurs. Mais non, il s’agit de Bacchus : on n’échappe pas à son destin. Car si, bien avant l’installation des saintes filles, le cours de la vallée se voue à des eaux guérisseuses, le mont où elles se refugient au ixè siècle, suivies

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La chapelle de la Cordelle

La croix de la Cordelle

Tapi au nord-ouest de la colline entre Ste Marie-Madeleine et St Jacques d’Asquins, il est un petit   bâtiment austère dont le rayonnement spirituel – bien indépendant de ses dimensions ou de son emprise architecturale -, renforce depuis neuf siècle celui de notre splendide basilique. On y accède à partir de la Porte Neuve, en prenant la route d’Asquins, puis, sur la droite une route fort étroite qui conduit à un carrefour de chemins de terre apparaît la fameuse croix de la Cordelle sur son rognon de roche dominant ce versant de la colline, liée pour toujours à la prédication de Bernard de Clairvaux.

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La croisade de la Paix (1946)

« Je ne voyais que des pieds déambulant dans la nef…il faut dire qu’âgé alors de huit ans, mon regard portait au ras du sol …il a fallu que mon père me prenne sur ses épaules pour voir la procession. » Ainsi Pierre-Étienne Breguet, habitant d’Uzy et l’un des derniers témoins oculaires de l’événement, âgé de quatre ans à l’époque, relate-t-il « sa » croisade de la paix.

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Girart et Berthe

Les chansons de geste du Moyen-Âge furent l’équivalent de nos séries T.V. Ces longs poèmes chantés qui mêlaient preux loyaux ou fêlons mais toujours vaillants, rois magnanimes ou cruels, étaient colportés de châteaux en places de villages et tenaient en haleine les grands et les gueux avec le récit des actions héroïques de Charlemagne et de ses nombreux vassaux. C’est ainsi qu’à côté de la bien connue Chanson de Roland, les épisodes du « Cycle des barons révoltés » faisaient vibrer la France du Nord. Ils renferment l’histoire légendaire d’un

Girart de Roussillon et sa femme Berthe, fondateurs légendaires de l’abbaye de “Vezeliacum”

couple princier aux origines de l’une des plus puissantes abbayes d’Europe.

Lui, c’est Girart, que les données historiques établissent comme paladin des fils de Charlemagne, d’abord fidèle à Louis-le-Pieux puis à l’empereur Lothaire 1er qu’il soutiendra contre son frère Charles-le-Chauve. D’abord comte de Paris, il est ensuite chargé de la défense de la vallée du Rhône contre les Sarrazins et pour cela titré comte de Vienne : son Roussillon n’a rien à voir avec la Catalogne du Nord, mais correspond à un village de l’Isère à égale distance de Lyon et Valence. Également possessionné en Avallonnais, il reçoit vers 820 le domaine de Vezeliacum (Vézelay) situé au bord de la Cure.

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