Tous aux jardins, avec “LA PETITE FAUNE”!

Á la différence des plateaux du centre et du nord de l’Yonne, le vézelien et l’avallonnais, pays de forêts et de bocages, présentent encore une densité satisfaisante de faune aviaire, d’insectes ou de batraciens dans les fonds de vallée.

C’est pourquoi on ne saurait trop encourager les initiatives visant à les faire découvrir, et à prendre conscience de l’utilité de leur maintien dans le cadre d’un environnement rééquilibré. C’est le cas de l’association La Petite Faune de Vézelay, dont le prochain rendez-vous aura lieu les 8 et 9 juin dans les jardins de la Maison Jules Roy, à Vézelay, à l’occasion de la journée annuelle des « Rendez-vous au jardin », de 14 à 18h.

Durant deux jours, tous les animaux horticoles, précieux auxiliaires du jardinier amateur comme de l’exploitant, seront à l’honneur autour de deux manifestations :

  • Balade découverte de la faune et de la flore de nos jardins, avec un guide du parc du Morvan, le samedi 8 juin à partir de la maison Jules Roy.
  • Lecture poétique par la comédienne Valérie Delbore : de Ronsard à Nerval, de Prévert à Nougaro, nombreux sont les poètes qui ont consacré de merveilleuses pages sur ces animaux.

Contact :

La petite faune de Vézelay

20 rue St Étienne

89450 VÉZELAY

06 07 75 42 99

lapetitefaunedeveezlay@gmail.com

La nature pour de vrai

Écureuil perché

Vous aimez nos belles forêts, nos cours d’eau ? Vous savez reconnaître le chêne, le hêtre ou le frêne à leur feuillage ? Bravo. Mais sauriez-vous en faire autant en ce printemps changeant, alors qu’ils n’arborent que leurs bourgeons ? Cela s’apprend aussi…

Vous aimez, lors d’une promenade en famille, être surpris par le bond d’un chevreuil ? Mais regardez-vous de près la mare où nagent les tritons et, sur son bord, la salamandre aux taches de citron qui tranchent sur sa peau noire et luisante ?

Vous êtes soucieux de la vie sauvage, et voudriez mieux la connaître pour mieux la préserver ? Alors, laissez les images exotiques que dispensent en boucle  tablettes et écrans, la nature « pour de vrai », c’est tout près de chez nous : l’association La petite faune de Vézelay, qu’anime avec passion Mme Anne-Marie HAEHNEL, saura la faire découvrir aux adultes et aux petits, tout en leur donnant envie de prendre soin de sa merveilleuse diversité.

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La chapelle du lac

 

La stèle du maquis du Loup à Vézelay

Sur une stèle de granite, un loup dressé dans une attitude de défi : l’hommage au maquis qui en adopta le nom. Blottie dans le dernier virage de la montée de Vézelay, on peut la manquer en venant de Clamecy. Dans la forêt au Duc, près de Dun-les-Places, c’est un fier gaulois moustachu avec son glaive, qui rappelle qu’ici fut réceptionné par le maquis « Camille » le premier parachutage allié. Á Montsauche, Planchez et Dun-les-Places, ce sont des monuments de facture contemporaine qui évoquent la tragédie vécue par ces villages, incendiés par la Wehrmacht en représailles des attaques menées par l’armée des ombres : le souvenir des maquis est partout, et les traces de leur histoire rassemblées au Musée de la Résistance en Morvan de St Brisson.

C’est à partir de 1942-43 que s’organisent les réseaux de toutes obédiences et que l’instauration du STO auquel de nombreux jeunes veulent échapper gonfle les effectifs des maquis. Les alliés seront unanimes à reconnaître leur contribution à la victoire : sabotage, recueil du renseignement, accueil des commandos alliés parachutés et, seuls ou encadrés par eux, action armée contre les forces nazies et la milice de Vichy.

Formé à Creux (Nièvre), le maquis du Loup commandé par Georges Moreau, un coiffeur de Clamecy, effectue des actions jusqu’aux abords de Saulieu et Vézelay, avec pour chef. Au cœur du massif, dans la forêt Chenue, c’est le maquis Bernard, cantonné entre Montsauche et Saulieu. En forêt au Duc à Dun-les-Places opère le maquis Camille, où le docteur Prochiantz alias « Martel », jeune interne en chirurgie, organise une équipe médicale mobile capable de se rendre sur les lieux des combats afin d’éviter le transport des blessés cachés par les villageois. Á Lormes, le 12 juin 1944, des hommes du maquis Julien saisissent des uniformes à la gendarmerie, en vue d’une opération. Alertée, l’armée allemande engage le combat puis se déchaîne sur la population, prend 10 otages et incendie le bourg.  Pourchassés, dénoncés – par intérêt matériel ou haine idéologique mais aussi souvent à cause d’inimitiés personnelles -, les maquis sont contraints à un perpétuel nomadisme que favorise la forêt dense.

Monument de la Croix-Grenot à St Brisson

Le saviez-vous?

Leur effectif fut assez important pour constituer une véritable armée, affrontant lors de vraies batailles un ennemi supérieur en nombre, ainsi au château de Vermot ou près de Chalaux. En 1944, ils joueront un rôle important dans la libération des quatre départements bourguignons et rejoindront près d’Autun les forces alliées. Réunis aux maquis de la Puisaye et de la Nièvre ils formeront le 1er régiment du Morvan, le « Royal Morvan » au sein de la 1ère armée française. La seule incorporation du maquis des Îles Ménéfrier obligera à constituer un 4ème bataillon à ce régiment qui s’illustrera dans la campagne d’Alsace, puis en Allemagne et jusqu’en Autriche

 

La trace la plus émouvante de leur épopée, c’est la petite chapelle « des maquisards », au bord de l’actuel lac de St Agnan. Á la suite d’une attaque de l’ennemi, 12 survivants du maquis Vauban formé en février 1943 près de Ravières (Yonne) se réfugient durant l’hiver 1943-1944 dans un bois des gorges du Cousin sous la conduite du commandant Armand Simonnot, alias Théo. Devant la porte ouverte au passant, une stèle égrène les noms des membres du maquis, notamment ceux qui donnèrent leur vie.

Sur cette liste, les noms à consonance ibérique de Francisco Doblado et de Valeriano Palacio. Car les maquis morvandiaux compteront jusqu’à 15% d’étrangers, notamment ces républicains espagnols, vétérans de « leur » guerre civile, dont l’expérience fut précieuse : dans le seul maquis Camille, ils étaient 33. Une autre héroïne méconnue est l’Autrichienne Lily Plyel – alias Sergent France – infirmière des patriotes. « Vauban » fera 13 recrues en décembre 1944, participant à l’occupation de Noyers et à la libération de Courson-les-Carrières et de la ville d’Auxerre, libérant ensuite Lichères-près-Aigremont, Chablis, Varennes où se fera la jonction avec les blindés américains.

Pour en savoir plus :   

Musée de la Résistance en Morvan. Saint Brisson (Nièvre)

Noëlle RENAULT : Le maquis Serge (Editions Sutton)

Jacques CANAUD : Le temps des Maquis (Editons de l’Armançon)

Dans l’ombre de Marie Madeleine

Pour les Vézeliens, il était « Julius ». Tout sauf un tiède. Né à Rovigo en Algérie en 1907, il s’avouait lui-même exalté et provocateur. Il le démontrera dès le séminaire, passant ensuite du pétainisme à la France libre et de la discipline de l’officier au rejet du militaire. Que de disputes intérieures dans le parcours de celui qui, tel son compatriote Saint Augustin de Bône, s’exaspérait de « sentir deux hommes en lui » ! Soldat chevalier haïssant les guerres de son temps, il rompt avec l’armée à l’occasion de la guerre d’Indochine. Pied-noir révolté par celle d’Algérie, ses échanges avec Albert Camus et Jean Amrouche compteront dans l’élaboration de son œuvre. Grand séducteur, il vouera-t-il un amour mystique à la sainte de Vézelay, à l’ombre de laquelle il mourra en 2000 à 93 ans.

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La pierre de Bourgogne : de grands crus

Au Moyen-Âge, et plus généralement avant la révolution des transports du xixè siècle, toute recherche de matériaux de construction devait suivre le “règle de proximité”. Le bois? Première ressource dans les régions froides et tempérées, il fut aussi longtemps le plus adopté pour les maisons d’habitation. Partout disponible, de grandes quantités en étaient de plus indispensables pour tour chantier d’église ou de château, pour les charpentes et surtout le montage des voûtes dont le soutènement provisoire nécessite d’énormes cintres de chêne. Le fer? Il intervient pour les crampons, mais aussi pour les tirants de renfort qui soulagent la pression de la voûte sur les murs et piliers. Bien des noms de cantons forestiers de notre région sont éclairants : Ferrières, les Ferriers, le bois du Fourneau, ou des fosses témoignent encore de l’extraction d’un minerai dont la transformation fut facilitée par l’omniprésence du combustible, ce bois situé “juste au dessus”.

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